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[Be Kind Rewind] THE GATE de Tibor Takács (1987)

Film fantastique empruntant aux productions Amblin et qui a su marquer les esprits par la qualité de ses effets spéciaux, THE GATE de Tibor Takács revient dans une superbe édition HD signée Le Chat qui Fume. Si le film a pris un coup de vieux, il reste une curiosité des années 80...

Au milieu des années 80, alors que la société de production Amblin fondée par Steven Spielberg, Kathleen Kennedy et Frank Marshall règne sur le genre du film familial populaire ambitieux, avec des titres ayant marqué les esprits comme E.T. l’extra-terrestre, Gremlins, Les Goonies ou encore Retour vers le futur pour les plus emblématiques, le genre donne inévitablement des idées aux studios concurrents qui voient là un courant porteur et fructueux à suivre afin d’amasser les jeunes spectateurs dans les salles. Parmi les films sortis à l’époque et qui ont su marquer les esprits, figure The Gate (La Fissure, en français), deuxième long-métrage du réalisateur canadien d’origine hongroise Tibor Takács. L’action prend place dans une banlieue américaine typique, chère à Spielberg, où des adolescents occupent leur existence comme ils peuvent, plus ou moins délestés de la présence de leurs parents (comme chez tonton Steven). L’irruption d’un élément surnaturel, la découverte dans un jardin d’une faille ouvrant vers une dimension peuplée d’entités maléfiques, bouleverse leur quotidien. Et menace le Monde… n’ayons pas peur des mots… Petit film fantastique à budget limité mais pas avare d’imagination, The Gate se glisse avec une bonne dose de panache dans le sillage Amblin, tout en payant son tribut aux productions horrifiques de l’époque. Pour autant, à l’image de ses modèles, l’argument fantastique du film de Tibor Takács prend soin de laisser la place à ses personnages et au contexte, dans une tonalité de comédie adolescente qui ne renie pas les passages obligés : rivalité frère et sœur, fiesta en l’absence des parents, trauma du jeune Terry livré à lui-même… Ce dernier personnage, peut-être le plus intéressant, distille une pointe de gravité sous-jacente, une approche de l’adolescence qui ne dissimule pas ses maux, comme pouvait le faire, toutes proportions gardées, John Hugues, avec même une certaine forme de cruauté dans la comédie (la scène de lévitation). Le scénariste Michael Nankin, qui deviendra un artisan de séries TV par la suite (Corky, Battlestar Galactica, Van Helsing…), prend le temps d’exposer les enjeux et motivations de ses protagonistes avant de faire déferler les forces du mal, dans un déluge de cinéma fantastique de pur divertissement, magnifié par des effets spéciaux artisanaux du plus bel effet, marquants pour l’époque et toujours sacrément convaincants aujourd’hui.

Trente ans après, ça toussote…

Pourtant, on ne peut pas non plus s’extasier totalement devant The Gate, plus de trente ans après. Même s’il est indéniable qu’il déborde de générosité, que ses effets fonctionnent toujours aussi bien, avec des idées assez folles sur le papier et concrétisées avec beaucoup d’ingéniosité à l’écran, le film pêche aussi sur certains points. Comme souvent, le souvenir prégnant de The Gate se heurte à la redécouverte du film aujourd’hui, une nouvelle vision du film décuple également ses défauts, à commencer par une mise en scène sans grande personnalité de Tibor Takács, qui joue la carte de l’efficacité. Point. Constat que la filmographie future du réalisateur ne viendra pas démentir car on peut légitimement avancer que The Gate est son meilleur travail (voir pour s’en convaincre le laborieux Lectures Diaboliques, l’inévitable séquelle The Gate 2, ou les atroces bisseries Mosquitoman et autre Spiders 3D…) Problème également de rythme qui saute aux yeux, avec un film d’à peine 90 minutes qui se traine pourtant sérieusement en longueur… Dès lors, une évidence s’impose : The Gate inscrit son blaze sur la longue liste des films dont le souvenir ému d’une première vision ne passe pas l’étape de la redécouverte sans perdre des plumes de nostalgie dans la bataille. Mais aussi modeste soit-il, le film a du cœur, et c’est déjà beaucoup. Ah, et aussi, il ne faudrait pas oublier de mentionner les jeunes comédiens qui portent une grande part de l’intérêt du film, à commencer par un Stephen Dorff (Blade, Somewhere, Leatherface) très souvent excellent, qui faisait déjà preuve d’un certain charisme tout jeunot, ainsi que les moins célèbres Christa Denton et Louis Tripp, à la carrière beaucoup moins fructueuse mais qui ne déméritent pas non plus.

Note : 2.5 sur 5.

THE GATE
Tibor Takács (USA – 1987)

Genre Fantastique – Avec Stephen Dorff, Louis Tripp, Christa Denton, Kelly Rowan, Deborah Grover, Scot Denton… –Musique Michael Hoenig et J. Peter Robinson – Durée 86 minutes. Distribué par Le Chat qui Fume (20 novembre 2020).

Synopsis : Profitant de l’absence de leurs parents lors d’un week-end, Alexandra organise une fête avec ses amis dans la maison familiale, tandis que son jeune frère Glen découvre avec son copain Terry un trou profond dans le jardin. Ils réalisent que celui-ci est un passage menant dans une autre dimension peuplée d’entités maléfiques. Les deux garçons vont alors tout mettre en œuvre afin de repousser les forces démoniaques avant que celles-ci ne transforment leur vie en véritable cauchemar.


L’édition Blu-ray du CHAT QUI FUME

TECHNIQUE. Comme à son habitude, Le Chat qui Fume a soigné cette édition HD du film de Tibor Takács, de la même manière que s’il s’agissait d’un film incontournable (ce qu’il n’est pas, mais passons…) Un respect de l’œuvre qui mérite une fois encore les louanges, d’autant que le master proposé ici est un quasi sans-faute : l’image est superbe et sans défaut notable, les contrastes et couleurs revivent littéralement, avec en plus, ce grain de pellicule typique qui apporte un côté organique à l’image.
Côté son, des pistes proposées en anglais et français, toutes deux en DTS-HD Master Audio 2.0, on ne saura que recommander la version originale, qui ne souffre d’aucune contestation par son équilibre et son dynamisme. Le doublage français semble d’un autre temps et ne devrait contenter que les nostalgiques…

Note : 4 sur 5.

INTERACTIVITE. La partie suppléments est gorgée de propositions avec pas mal de featurettes. Evidemment, les effets spéciaux du film sont particulièrement à l’honneur dans plusieurs entretiens avec le concepteur SFX Randall William Cook (que l’on retrouvera sous la défroque du tueur de Lectures Diaboliques) et le créateur des maquillages Craig Reardon, qui s’expriment à plusieurs reprises. Le comédien Carl Kraines a également son mot à dire, lui qui interprète sous un imposant maquillage, l’ouvrier zombie. Le réalisateur Tibor Takács, mais également le scénariste Michael Nankin et le producteur Andras Hamori évoquent leur expérience sur le tournage et les astuces de mise en scène pour les effets visuels. Un making of d’époque propose des moments instantanés du tournage. L’envers du décor se dévoile dans une interactivité une fois encore riche chez l’éditeur.

Note : 4 sur 5.

LES SUPPLEMENTS
De l’enfer : créatures et démons de The Gate, avec Randall William Cook et Craig Reardon (15′) ; Venu de l’enfer, avec Andras Hamori (13′) ; Les gardiens de la porte, avec Michael Nankin et Tibor Takács (16′) ; Créer les Minions, avec Craig Reardon (23′) ; L’Ouvrier parle, avec Carl Kraines (12′) ; Le passage ouvert, avec Randall William Cook et Tibor Takács (28′) ; Made in Canada (29′) ; Making-of de The Gate (23′) ; Film annonce.

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