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[Publication] I AM A HERO de Kengo Hanazawa

En cette période bénie pour les zombies de toutes sortes, où les morts-vivants sont absolument partout sur les écrans et dans les pages, il est rafraîchissant de constater que l'on peut encore découvrir quelque chose d'original sur le sujet avec I AM A HERO...

En cette période bénie pour les zombies de toutes sortes, où les morts-vivants sont absolument partout sur les écrans et dans les pages, il est rafraîchissant de constater que l’on peut encore découvrir quelque chose d’original sur le sujet. Avec I am a Hero, Kengo Hanazawa apporte un bon bol d’air frais à un mythe brinquebalé dans tous les sens depuis quelques temps. Dans le sillage du succès du comics The Walking Dead de Robert Kirkman, I am a Hero, dont les premières parutions au Japon remontent à 2009, obéit aux règles ultra codifiées du genre. Les amateurs d’étripage seront ravis de constater que d’un continent à l’autre, le zombie reste une machine à tuer. C’est davantage sur la sensibilité des personnages que se démarque cette nouvelle tentative. Et c’est ce qui en fait en grande partie l’intérêt. L’auteur prend son temps pour exposer le contexte, la situation géographique et surtout pour planter ses personnages, exposer leur caractère et leurs motivations. Un traitement soigné de la psychologie des protagonistes que l’on pouvait également trouver dans The Walking Dead, certes, mais ici, les personnages n’entrent pas dans des cases, on est assez loin des archétypes rencontrés dans ce style de récit, à l’image du jeune personnage principal, loser geek magnifique, qui s’invente un ami imaginaire et tente de se convaincre de son statut de héros. Ses déconvenues professionnelles, sa vie sentimentale et sexuelle compliquées, tout est présenté dans les moindres détails durant un volume entier. Les protagonistes gravitant autour de lui ne sont pas moins pitoyables dans leurs déviances, leurs perversions, bref, dans toute leur humanité. Le terme d’antihéros seraient d’ailleurs plus judicieux pour les caractériser.

Glissement vers l’horreur

A l’issue d’un premier tome très ancré dans la description réaliste et froide de la société japonaise, mais parcouru d’éléments discrets annonçant le chaos qui va suivre, les ultimes pages glissent enfin vers l’action et le gore. Et c’est véritablement dans le deuxième volume que l’horreur va se déchaîner. Pour les amateurs ayant fait l’effort de s’immerger dans le premier opus, la récompense est là. Kengo Hanazawa tient à apporter sa pierre à l’édifice du récit de zombies, et n’y va pas avec le dos de la cuillère. Certaines cases vont loin, très loin dans la démonstration du possible en matière de manga violent. A ce niveau, le lecteur est servi. Pourtant, à chaque page, on sait que l’on n’est pas en territoire balisé. Les personnages, les situations présentés en amont sont toujours là et emportent dans leur folie la figure du mort-vivant. Certains passages peuvent apparaître grotesques de temps à autre, quand cette secrétaire zombifiée assoiffée de sexe menace le héros en rabachant sans cesse « Bi… route ». Ou encore quand cette vieille femme amochée réclame, la bave aux lèvres, le loyer à son locataire… avant de le dévorer. Une approche grotesque mais audacieuse et rafraîchissante qu’on n’imagine pas une seconde dans un volume du comics de Robert Kirkman, ou en tout cas, pas à un tel niveau.

A mesure que le jeune héros prend conscience du chaos qui l’entoure (et il est long à la détente le gus), on sent le potentiel inouï de ce récit haletant, où les humains ont peut-être plus en commun avec les zombies qu’on ne pourrait le croire, eu égard aux errances de leurs petites existences (le discours de Georges Romero n’est pas loin). Une approche magnifiée par des dessins d’Hanazawa, qui réalise des cases à tomber par terre, l’auteur proposant une foultitude de détails, des cadrages iconiques absolument jouissifs et d’une puissance évocatrice phénoménale. Le tout appuyé par des dialogues souvent très surprenants, associés à des situations renversantes d’audaces (surtout dans le premier volume). Respectueux du genre ultra référentiel dans lequel il s’illustre, mais s’appropriant la mythologie du zombie en l’implantant au sein même de la culture japonaise, Kengo Hanazawa réussit là deux excellents premiers volumes, le troisième devant sortir sous peu (la série en est actuellement à 9 tomes au Japon).


I AM A HERO de Kengo Hanazawa (2009)

Très Bon

Scénario & Dessins : Kengo Hanazawa – Editeur : Kana – Série en cours – 2 tomes.


Hideo Suzuki, 35 ans, est un assistant de mangaka en manque de succès. Sa petite amie, Tetsuko, ne cesse de parler de son ex, un talentueux mangaka très en vue. Hideo est un homme craintif et souffre d’hallucinations. Tellement absorbé par sa médiocre vie, il ne remarque pas qu’il se passe des choses suspectes autour de lui… Tokyo va soudainement sombrer dans le chaos et être envahi d’humains qui n’en sont plus vraiment…

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