Dossiers

TOP/FLOP de l’année 2015 (3e partie)

2015… C’est un peu comme en 2014, avec des films et des séries différentes, c’est à dire qu’il n’y aura ni quantité, ni qualité… mais quelques succulentes et désolantes exceptions, compte tenu du peu de minutes enregistrées par ma rétine. C’est donc un gloubi-boulga que je propose pour mes bons vœux en ce début d’année 2016 qui, je l’espère, me fera sortir de ma léthargie culturelle… Ceci étant succinctement justifié, chaque part de mon gâteau sera le moment de verser ma larme, de pousser mon coup de gueule, d’expliquer pourquoi j’ADORE William Friedkin, de rêver comme un fou de Max et de faire un bref parallèle Fargo/Fargo !

– CRIMSON PEAK de Guillermo Del Toro

Crimson peakAu gré de mes pensées, j’enquille tout de suite sur le Crimson Peak de Guillermo Del Toro pour lequel Monsieur Nicolas Mouchel est tout simplement admiratif (ndNM. Oui… bon… admiratif, peut-être pas quand même…)… et pourtant il est convenu de dire que je partage bon nombre de ses avis à quelques exceptions près (la dernière en date est le « remake » d’Evil Dead de Fede Alvarez…), sauf qu’ici le dernier né du papa du Labyrinthe de Pan m’a ennuyé, chagriné, il ne m’a pas bouleversé, ne m’a pas fait peur, il m’a déçu en somme… Tellement que tout ce qui fait sa beauté évidente est simplement et logiquement relégué au b.a.-ba des attendus du Bonhomme. Je relativise cependant grâce à deux paramètres certainement atténuants : J’ai vu ce film lors d’une soirée spéciale Del Toro, après la projection du Labyrinthe de Pan justement et j’avoue ne pas avoir pas bien compris ses « références » si souvent évoquées. Tant et si bien que je vais sans doute revoir les classiques de Bava et confrères, et son soit-disant meilleur film m’a paru plat, où le fantastique, si tant est qu’il s’agit bien d’un film fantastique (là encore je garde quelques réserves), est bien plus invisible que ces fantômes qui hantent la demeure… personnage le plus énigmatique et intéressant par ailleurs… Je ne dénigre pas une direction artistique maîtrisée, minutieuse avec des plans et des cadrages magnifiques, lents, qui permettent d’avoir un certain plaisirs à observer, voire se délecter des performances de Jessica Chastain et Tom Hiddleston et des déambulations dans cette immense maison, filmées en plans séquences, où la caméra semble diriger le spectateur dans ses entrailles. Mais ce serait réducteur de s’arrêter à ces seuls points forts pour juger du dernier Del Toro, d’autant que les personnages de films romantiques/gothiques sont couramment usités sur la grande ou petite toile. La force du Labyrinthe de Pan, les peurs liées au régime de Franco et le monstre humain que représente le capitaine Vidal, ont un impact plus poignant et le parallèle que fait la jeune Ofélia à travers son conte de fées, pour s’accommoder de l’autoritarisme de son beau-père, toute la fantasmagorie qui s’en dégage, me fait dire que Crimson Peak manque de cruauté graphique ou bien suggérée par la psychologie des personnages centraux et secondaires, la paresse des fantômes à se manifester dans un classicisme absolu les rend abscons, ils leur manque… un peu de « matière ». Et je serais aussi paresseux pour terminer. Je dirais que Crimson Peak est un thriller gothique classique, consensuel et trop limpide dans une maison vivante. Et je le concède, je le place dans le Top de mes Flops.

– SORCERER de William Friedkin

Sorcerer de William Friedkin

Sorcerer de William Friedkin

A contrario, et là finalement je m’aperçois que ce qui m’a retourné les boyaux en 2015, c’est le cinéma brut, les émotions simples et les années 70/80/90. A contrario donc, mon premier visionnage de Sorcerer de William Friedkin me fait dire que certains vieux pots ont eu en leur temps de bonnes graines et du très bon terreau. Ce film… pardon… ce chef d’oeuvre de 1977, est le parfait exemple de ce qui me fait aimer un réalisateur et d’une certaine façon cela justifie ce que je n’ai pas aimé du dernier Del Toro. Il s’agit de deux genres complètement différents (sur le papier en tout cas). Toujours est-il que Friedkin sait aussi manipuler les effets du surnaturel et de l’épouvante, ce qu’il avait démontré quelques années auparavant avec L’Exorciste ! Ce postulat étant fait, Sorcerer a sa place dans le Top du Top car, avec assez de recul, il est clairement au-dessus de beaucoup de films bien plus contemporains dont le confort de production ne leur permet pas de s’adjuger d’une qualité légitime attendue. Pour faire court, adaptation du roman de Georges Arnaud et revisite du Salaire de la peur de Clouzot, ce Convoi de la peur nous emmène au cœur de la forêt amazonienne où trois internationaux, activement recherchés dans leur pays et ayant fuit leur responsabilités vers un lieu où ils pensaient trouver la rédemption, vont se porter volontaires pour conduire un convoi de camions remplis de nitroglycérine à travers une jungle qui recèle bien des pièges. Au péril de leur vie, ils vont caresser l’espoir d’un retour à la civilisation avec un magot en poche… La chose n’est pas aisée, mais leur abnégation va décupler leur courage. Et Friedkin exploite parfaitement, au détriment d’un tournage difficile, toutes les thématiques sociales et géopolitiques de l’époque dans un lieu où les forces de la nature vont se déchaîner et se liguer contre l’avidité de la nature humaine. Tout est à retenir dans ce métrage, tout à son importance et le montage final (ici dans sa version Director’s cut) est une pièce de choix. William Friedkin aime la brutalité des coupes franches et son avant-goût de To Live and Die in L.A. (Police Fédérale Los Angeles) pour manipuler le spectateur grâce à une morale implacable mais efficace. Toute la séquence qui mène à l’extermination du Français rappelle le Duel de Spielberg, tout comme la manière de filmer la tension, palpable et visible sur les visages des protagonistes pendant leur évolution dans cette jungle sans scrupule par des champs contre-champs rapides, la peur se manifeste à chaque embranchement, à chaque prise de décision. Le réalisateur donne à chacun des deux convois sont lot d’effroi avec la fameuse séquence du pont de fortune qui menace de céder sous le poids des mastodontes ! Friedkin nous oblige, par deux fois, à suivre et à subir l’épreuve la plus délicate pour les personnages dont les « gueules » qui les interprètent n’ont pas dû sortir indemnes d’une telle performance et d’un tel tournage ! Je n’irai pas plus loin, rien que ces mises en bouches en disent long sur la qualité de cette oeuvre… en tout cas, sur la nécessité de découvrir ou redécouvrir un film rare, dans un nouveau Master d’excellente qualité.

– MAD MAX : FURY ROAD de George Miller

La nostalgie, voilà. C’est la nostalgie qui revient sans cesse, ce besoin de se replonger dans des univers découverts assez jeune et d’observer avec un œil plus aiguisé, la progression technique d’un créateur et de se rendre compte de son envie, de la pugnacité avec laquelle il fait évoluer son dessin originel ! Force est de constater que la fureur qui habitait Georges Miller, depuis le premier Mad Max, n’a cessé de s’accroître et probablement que le chantier monstrueux que devait être le tournage de son Fury Road lui a permis de rendre une copie conforme aux attentes des fans de la première heure et bien plus encore et à certainement laisser beaucoup de novices pantois !! Je laisse les mots de mon compère Nicolas car il décrit très bien l’évidence de cette réussite et comme lui, je dis : Respect !

FURY ROAD

Mad Max : Fury road de George Miller

– THE LEFTOVERS de Damon Lindelof et Tom Perrotta

– FARGO de Noah Hawley

Pour fignoler ce vrai-faux Top/Flop, je vais m’arrêter sur deux séries TV qui m’ont fait vibrer par leurs propositions tant au niveau de l’écriture, de l’originalité du sujet que de la façon de s’extirper à merveille d’un modèle de long-métrage et des émotions enivrantes qu’elles dégagent. Je commence par The Leftovers de Damon Lindelof et Tom Perrotta. Cette histoire de ravissement est poignante de la première séquence de la saison une, jusqu’au générique du dernier épisode de la saison deux. Pour autant, la seconde est inédite puisque la première englobe l’intégralité du livre de Perrotta. Sans dévoiler et décortiquer, la saison deux est intelligemment montée même si elle perd un peu d’essence esthétique tout en conservant la sensibilité que la série cherche à développer. Toute la puissance réside dans la construction des personnages qui ont tous eu droit à une caractérisation minutieuse, pertinente et efficace. Tout semble posé et soigneusement expliqué bien que parfois difficile d’accès. L’intrigue majeure, cette disparition soudaine d’êtres humains, d’êtres proches, a laissé des traces indélébiles dans la chair et l’esprit de ceux qui sont restés. On remet tout en cause et on recommence, prophétie, complot, événement géologique, communauté sectaire, folie, chacun y va de sa spéculation pour tenter de comprendre et convaincre, se convaincre de ce que nous ne pouvons contrôler afin de ne pas sombrer dans l’inconnu et la solitude. Cet événement télévisuel « post-apocalyptique » pèse lourd et peut sabrer le moral mais apaise énormément, adoucie les mœurs et tord des boyaux, à sa façon. Ici, l’originalité est remarquable et ça fait du bien.

L’autre « Show » qui sort de l’ordinaire s’appelle Fargo et c’est une bombe sans retardement. Alors oui, oser s’aventurer dans un fait divers si génialement mis en scène par les frères Coen n’a pas dû s’avérer évident à traiter. Pourtant, au départ d’un crime banal (pour les Américains), Noah Hawley à conçu cette sombre histoire de truands pas très futés façon puzzle, où la mafia et des tueurs à gages s’en mêlent. La première saison permet d’écarquiller les yeux sur le jeu de l’époustouflant Billy Bob Thorton. Cet acteur incarne avec génie le cynisme et la cruauté et prouve qu’on peut compter sur lui. Même si, semble t-il, le scénario se repose trop sur ses déambulations au détriment d’une mise en scène parfois (sur peu de séquences, soyons honnêtes) loufoque (séquence dans le brouillard du blizzard, en pleine rue). Toujours est-il que la seconde saison s’installe dans la même région, le Minnesota, plusieurs années en arrière et aux premières heures de la modernité technologique et de l’industrialisation de la surconsommation. Ce qui ne fait pas les affaires de la pègre locale qui voit les barons envoyer leurs sbires accroitre leur soif d’oseille et de pouvoir. Eux-même feront les frais de la plus tortueuse des mafias : l’administration. Conservant les saveurs que sont l’ironie et la noirceur du polar bien connu, Fargo la série transmet sa fraîcheur par ses sous-intrigues à la fois drôles, cruelles et pathétiques sans renier une qualité de mise en scène fidèle au travail des deux frères cités plus haut. Avec en prime, quelques références sommes toutes sympathiques, dont une qui viendrait bien d’un show bien connu et apprécié, The Shield, mais je vous laisse chercher…

Voilà c’était mon humble coup de gueule, ma sincère claque cinématographique, ma persistante nostalgie furieuse, mon coup de cœur télévisé et ma machiavélique envie d’humour noir de 2015…

THE END !

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