Bilan 2017

TOP/FLOP de l’année 2017 (1/6)

Dans la série Rétro 2017... Première partie du bilan ciné d'une année au cours de laquelle le cinéma de genre a tenu son rang comme rarement. Des découvertes, des confirmations, et même un cinéma français ambitieux qui ose. Une belle année on vous dit !

Mon Top 5 (sans ordre particulier)

MOTHER ! de Darren Aronofsky

MOTHER ! de Darren Aronofsky

Cinéaste du Chaos, Darren Aronofsky plonge très loin avec Mother !, film coup de poing, grenade à fragmentation qui sollicite les sens et les use durablement. Il y a bien longtemps qu’on n’a pas vu oeuvre plus sensitive et abrasive que ce concentré de noirceur masochiste. Mother ! pousse les curseurs du mystère à leur paroxysme, intriguant autant qu’il passionne dans ce qui ressemble fort à un thriller refusant de livrer les clés de son univers. Et puis la bascule… dans un chaos total et jusqu’au boutiste. On en sort terrassé mais heureux. Du cinéma comme on l’aime !

La critique

A GHOST STORY de David Lowery

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Drame sur le deuil, romance intemporelle, regard pertinent sur le temps qui passe indéfiniment, et sur l’inévitable renouvellement des épisodes du passé, A Ghost Story de David Lowery est un peu tout ça. C’est surtout en premier lieu l’histoire d’un amour évoqué sous le prisme d’un témoin particulier. C’est également un dispositif de mise en scène à la fois simple, épuré, et pourtant tellement pertinent, qui fonctionne et épouse son propos avec une évidence qui laissent pantois. Un chef d’oeuvre atmosphérique et émotionnel.

La critique

GRAVE de Julia Ducournau

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Réputation sulfureuse, buzz à fond la caisse… On aurait tôt fait de réduire Grave à un phénomène « cinéma d’auteur » provoc’ superficiel. Mais le film d’horreur de Julia Ducourneau est plus que cela, à l’image de sa réalisatrice, qui dénote dans le paysage cinématographique français. Grave séduit autant qu’il fascine et provoque la répulsion, autour de thématiques puissantes qu’il explore brillamment par le biais d’une mise en scène et une intelligence de cinéma qui font plaisir à voir.  Loin de l’image du film d’auteur prétentieux qui prend le genre de haut, Grave s’affirme au contraire comme une proposition culottée et inspirée de cinéma, un uppercut filmique viscéral à la fois puissant, dérangeant, ludique et jusqu’au boutiste.

La critique

LOGAN de James Mangold

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On l’attendait cette adaptation adulte du personnage de Wolverine, cette approche hard-boiled, noire et aux accents de western. Et pour être honnête, on n’y croyait plus… Après bien des déceptions, la voilà enfin débarquant sur les écrans, devant la caméra de James Mangold, réalisateur ayant payé son tribut aux studios pour enfin offrir aux fans et aux cinéphiles le film crépusculaire, brutal et désespéré tant attendu. Un champ du cygne (?) à la hauteur du personnage iconique, puissant et badass, un nouveau film étendard du genre.

La critique

SPLIT de M. Night Shyamalan

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2017 a été marqué par le grand retour (ou plutôt la confirmation après The Visit) de M. Night Shyamalan, cinéaste adulé puis un peu trop rapidement jeté aux ordures. Surtout, Split est la preuve formelle du retour en grâce de l’inspiration d’un auteur ayant considérablement marqué le cinéma du basculement des années 90/2000. Le cinéaste a su s’affranchir des contraintes propres au système Blumhouse, tirant le meilleur parti d’une enveloppe budgétaire limitée et d’un comédien d’exception pour livrer son film le plus ambitieux depuis un bail. Questionnements sur le bien et le mal, poids des responsabilités et secrets enfouis sont quelques unes des thématiques explorées dans ce Split avant tout très impressionnant par ses qualités d’écriture et de mise en scène. Quant au twist typique du cinéma de Shyamalan… Bon sang quelle excitation !!!

La critique

Mentions spéciales

ÇA – PARTIE 1 d’Andrés Muschietti

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Parce que le processus d’adaptation d’un roman de Stephen King est souvent compliqué, qu’il débouche souvent sur de jolis ratages, qu’il s’agit d’une des œuvres phares de l’écrivain, qu’il fallait faire oublier un téléfilm médiocre ne fonctionnant que sur la nostalgie qu’il provoque, parce que l’excellent Andrés Muschietti (Mamá), parce que c’est avant tout un film sur l’adolescence et le passage à l’âge adulte. Brillant !

La critique

LES DERNIERS JEDI de Rian Johnson

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Pas parce que c’est un nouveau Star Wars… Parce que c’est une véritable proposition de cinéma, avec un vrai point de vue et des parti-pris forts, une ambition et une approche assez folles, parce que le film s’inscrit pour autant clairement dans la saga, tout en remettant en perspective les composantes du mythe, parce que certaines scènes font partie des plus spectaculaires et iconiques de la saga, parce que Kylo Ren, Luke Skywalker, Leia Organa, Rey et Poe Dameron sont enfin de véritables personnages, parce que Rian Johnson a tout compris. Énorme !

La critique

AU REVOIR LÀ-HAUT d’Albert Dupontel

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Parce que Albert Dupontel continue de creuser son sillon d’un cinéma populaire à la fois ambitieux et exigeant sur le fond et la forme, parce que la prestation sans dialogue de Nahuel Pérez Biscayart, parce que le film dispose d’une puissance d’évocation immense, tout en n’oubliant pas de passionner par son discours sur la lutte des classes et la puissance de l’art, parce que le film touche en plein cœur par sa générosité et la maîtrise de sa mise en scène. Majestueux !

Mes Flops (ou déceptions)

THE CIRCLE de James Ponsoldt, parce que je n’aime pas qu’un film me prenne pour un demeuré…

VALERIAN ET LA CITE DES MILLE PLANÈTES de Luc Besson, parce que le film n’est pas complètement mauvais, mais qu’il dénote d’un tel abandon de son auteur à mi-parcours que ça en devient grotesque…

AMITYVILLE – THE AWAKENING de Franck Khalfoun, parce que l’association de la célèbre franchise avec le concept de Patrick (Richard Franklin – 1978) tombe dans le ridicule le plus accompli, que les personnages sont insupportables et que le film n’était ni fait, ni à faire…

STRANGER THINGS – saison 2 de Matt et Ross Duffer, parce qu’après une première saison plutôt réussie, la série atteint clairement ses limites artistiques et référentielles, que les choix des Duffer brothers ne fonctionnent pas tous (le récit éclaté), que le phénomène fait pshitt…

(4 commentaires)

  1. Si je me limite au cinéma dit « de genre », voila mon top 10:

    1/ Mother!
    2/ A ghost story
    3/ Grave
    4/ It comes at night
    5/ Okja
    6/ Transfiguration
    7/ Blade Runner 2049
    8/ La Planète des singes: suprématie
    9/ Dans la forêt
    10/ Split

    Et j’aurais pu ajouter Petit paysan, Logan, Nocturnal animals, Brimstone, Seven sisters, The Jane Doe identity, ça, Gerald’s game, Get out, It stains the sand red, The devil’s candy, Killing ground, Love hunters, Camera obscura, Zygote, Colossal, Cult of Chucky & Leatherface, que j’ai TOUS trouvé formidables aussi…
    Une belle année de frissons !!!

    Aimé par 1 personne

    1. Je suis bien d’accord avec toi Foxart : 2017 a été puissante en terme de très bons films de genre… Nos Top se rejoignent sur beaucoup de films majeurs de cette année. Et que vois-je… Toi aussi tu as aimé Leatherface ? Dans mes bras : on est peut-être les deux seuls 😉

      J'aime

      1. Je suis sûr du contraire… je crois que la plupart des gens le détestaient à priori… et moi, je n’ai JAMAIS aucun à priori en matière de cinéma et je trouve que ce Leatherface est un formidable road movie doué d’un vrai sens du rythme.
        Et tant pis (ou tant mieux…) si on s’éloigne du matériau originel, indépassable de toutes façons…

        Aimé par 1 personne

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